Télésurveillance des partiels : dispositifs intrusifs, inégalitaires et liberticides

Alors que les syndicats et associations étudiantes ne cessent depuis des semaines de déplorer les conditions catastrophiques dans lesquelles s’effectue la « continuité pédagogique » depuis sa fermeture, l’Université de Caen, en collaboration avec le CEMU, vante les mérites de dispositifs de télésurveillance1 intrusifs, inégalitaires et liberticides pour palier à l’annulation des examens en présentiels. Fruit d’un partenariat avec la société Managexam depuis 20172, l’université a étendu à toutes les formations la possibilité de recourir à un dispositif de télésurveillance des étudiants-e-s.

Parmi les fonctionnalités de ce dispositif, on peut trouver une surveillance constante des candidat.e.s et de leur environnement, ainsi que l’utilisation d’algorithmes qui analysent les données de télésurveillance pour déceler les cas de « fraude ». Outre le caractère intrusif de ce dispositif, les exigences techniques imposées aux étudiant-e-s pour que le programme de télésurveillance fonctionne ne fait qu’accentuer la fracture numérique qui s’est installée chez une grande partie des étudiant-e-s depuis la fermeture de l’Université.

Dans un de ses articles3, la Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques, s’alarme des conséquences de ces solutions sur la vie privé et les libertés numériques des étudiant-e-s. L’association va même jusqu’à pointer l’illégalité des solutions ventées par le ministère et celles utilisées depuis 2017 par l’Université de Caen. Malgré tout, au-delà du débat sur la légalité de ses pratiques, le choix de l’Université de laisser une entreprise privée organiser la télésurveillance des étudiant-e-s par la mobilisation d’algorithmes et de dispositifs numériques intrusifs reste scandaleux.

Depuis la fermeture de l’Université, la présidence, soutenue par la CFVU, ne cesse d’organiser une « continuité pédagogique » plus qu’inégalitaire et dangereuse (il suffit de d’éplucher la longue liste des témoignages4 qui parviennent aux associations et syndicats étudiants) et cet énième décision pédagogique ne fait qu’alourdir le bilan désastreux de la politique exercée au sein de l’université en réponse à la crise du coronavirus.

En tant que syndicat étudiant défendant l’égalité d’accès à des modalités de contrôle des connaissances justes, égalitaires et garantes des libertés individuelles et académiques, SL Caen Solidaires Étudiant-e-s condamne fermement les pratiques de télésurveillance coordonnées par le CEMU et, a fortiori, son application étendue à l’ensemble des formations dans le cadre de la « continuité pédagogique ». Exigeons l’annulation des contrôles terminaux et la validation du semestre en cours par un 10 améliorable !

1 http://cemu.unicaen.fr/continuite-pedagogique/adapter-vos-modalites-d-evaluation/organiser-une-evaluation-%20telesurveillee/organiser-une-evaluation-telesurveillee-1016110.kjsp?RH=1488444218252

2 http://cemu.unicaen.fr/projets/e-examens/developpement-et-deploiement/manageexam-developpement-et-%20deploiement-1012893.kjsp?RH=1488444218252

3 https://www.laquadrature.net/2020/04/30/crise-sanitaire-la-technopolice-envahit-luniversite/

4 https://www.facebook.com/SLCaen/

 

Retrouvez le communiqué en PDF : Télésurveillance des partiels

Lettre ouverte à la présidence de l’université de Caen

Lettre ouverte à la présidence de l’université de Caen

Comme nous n’avons cessé de le faire remarquer, la « continuité pédagogique » en vigueur depuis le début du confinement ne fait qu’accroitre les inégalités entre les étudiant.e.s.

Les étudiant.e.s vous le disent : vouloir mettre en place des examens terminaux dans une telle situation relève de l’acharnement.

Depuis le jeudi 6 avril, une plateforme de témoignages a été mise en place par notre syndicat pour permettre à ces dernier.e.s de partager leur situation concrète. Vous pensez peut-être que ces cas sont pris en charge par vos services ; en réalité les réponses apportées ne sont que rarement satisfaisantes.

– Manque d’outils informatiques, ce que les services de l’université essayent de régler mais qui n’est que du colmatage (par exemple, procurer des tablettes tactiles dans l’optique de faire du traitement de texte n’est pas une solution acceptables),

– Mauvaise connexion au réseau. L’université ne peut rien y faire, envoyer une clé 4G en zone blanche n’a aucun intérêt,

– Multiplication des « méthodologies de confinement » pour lesquels les étudian.t.e.s n’ont pas reçu d’enseignement,
– Cas dans lesquels la « continuité pédagogique », ou bien des oraux, sont assurés par téléconférence, négligeant les étudiant.e.s ayant des problèmes d’audition,

– Professeur.e.s n’étant pas en mesure d’assurer une continuité en ligne, par manque de formations aux outils informatiques,
– Manque d’espace ou d’une pièce isolée pour travailler, certain.e.s devant garder leurs frères et sœurs, ou ayant une situation familiale compliquée,

– Situation psychologique du confinement qui n’arrange rien, surtout pour les personnes restées seules loin de leur proches, dans des petits appartements,
– etc…

Nous vous rappelons que les dispositions de l’article D611-12 du Code de l’éducation énoncent que : « La validation des enseignements contrôlée par des épreuves organisées à distance sous forme numérique, doit être garantie par : 1° La vérification que le candidat dispose des moyens techniques lui permettant le passage effectif des épreuves ; 2° La vérification de l’identité du candidat ; 3° La surveillance de l’épreuve et le respect des règles applicables aux examens ».

Les conditions permettant l’égalité entre les candidat.e.s n’ont pas été mises en place, tout simplement car elles ne sont pas possibles à mettre en place dans cette situation exceptionnelle, les témoignages que nous avons reçus le prouvent. Une solution simple pourrait être adoptée par l’université de Caen : l’annulation des Contrôles Terminaux et la validation du semestre avec un 10 améliorable. Celles-ci ont déjà été adoptées par certaines composantes de facultés comme à Nancy ou Aix-Marseille. Néanmoins, l’université préfère se décharger sur ses travailleurs et travailleuses, de l’administration ou du corps enseignant, pour assurer coûte que coûte la continuité des inégalités, voire leur renforcement. Ces dernier.e.s sont le plus souvent impuissant.e.s aux problèmes auxquels ils et elles font face, ou bien ne pensent qu’unilatéralement les avoir résolus, alors que les solutions trouvées sont insuffisantes. Certain.e.s professeur.e.s entendent même augmenter la difficulté des examens sous prétexte d’une possibilité de triche (ce terme a-t-il un sens au vue des conditions actuelles ?). Cette situation plonge alors les étudiant.e.s dans l’arbitraire le plus total, sans n’avoir aucun recourt en cas d’abus.

Le syndicat SL Caen Solidaires Étudiant.e.s demande donc au président de l’université, conformément aux pouvoirs qui lui ont été conférés par la décision 2020-003 du Conseil de Formation et Vie Universitaire, de modifier les modalités de contrôle de connaissance du semestre en cours, pour appliquer la règle du 10/20 améliorable.

SL Caen, Solidaires Étudiant-e-s

 

Retrouvez la lettre en PDF : Lettre ouverte à la présidence

COVID-19 : situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles

Depuis le lundi 16 mars, l’Université de Caen est totalement fermée aux étudiant·es et aux enseignant·es en raison de l’épidémie du coronavirus. La fermeture de l’Université s’est rapidement suivie d’une « continuité pédagogique » décidée en urgence par la direction de l’Université. Depuis, nos cours sont déposés sur la plateforme web eCampus, nous devons même parfois assister à des cours en visioconférence, et nos devoirs doivent être rendus sur internet. Petit à petit, le travail s’accumule et si nous ne sommes pas à même de respecter la rigueur attendue (ne pas être obiligé.e de travailler ou télé-travailler pour son employeur.se, pouvoir bénéficier d’une bonne connexion, être dans un environnement permettant de se concentrer sur son enseignement, etc…), il nous devient impossible de suivre le train de la continuité pédagogique, notre réussite en pâtit, et ce ne sont pas de simples cas marginaux que l’on pourrait prendre à part.

Conscient de cette situation inégalitaire et soucieux de favoriser la réussite de tou·tes les étudiant·es en cette période exceptionnelle, SL Caen Solidaires Etudiant·es pense nécessaire le respect de plusieurs points.

L’Université de Caen doit s’engager à accorder la validation du deuxième semestre à tou·tes les étudiant·es, comme ce fut le cas dans de nombreuses universités pour des situations moins extrêmes. La continuité pédagogique doit pouvoir permettre à tou-te-s d’accéder à du savoir sans que celui-ci soit évaluable, car de nombreux-se-s étudiant-e-s ne pourront pas être évaluer de façon équitable. En effet, la continuité pédagogique ne continue finalement que les inégalités sociales et économiques d’accès au numérique : une fac fermée doit être une fac à l’arrêt.

 

Ensuite, qu’aucun calendrier universitaire de n’importe quel UFR ne soit modifié pour courir jusqu’à juillet voire août : une modification des calendriers serait un préjudice pour les étudiant·es précaires qui doivent travailler l’été. De plus, cela signifierait que le travail demandé aux étudiant·es lors de la continuité pédagogique ne vaudrait rien.

 

Même en période de confinement, SL Caen Solidaires Etudiant-e-s se tient à la disposition des étudiant·es pour répondre à leurs questions et les accompagner en cas de manquement à leurs droits. Nous sommes joignables à l’adresse slcaensolidaires@gmail.com ou sur Facebook et Twitter.

Retrouvez le communiqué en PDF : cp-corona-sl-caen

Covid-19

Suite à la montée de la pandémie du Covid-19, le président Macron a annoncé la fermeture des universités et la mise en place d’un confinement plus stricte. Face à cela la plupart des luttes de terrains devront être mises en pause.

Néanmoins SL Caen continu son action d’accompagnement syndicale et reste disponible en cas d’abus. Qu’ils viennent du corps enseignant ou de l’administration du Crous, n’hésitez pas à nous contacter dans les cas qui vous empêcheraient de poursuivre décemment votre année: non-prise en compte d’une mauvaise connexion internet, examens se tenant sans que vous ayez pu être prévenu-e, ou trop peu à l’avance, procédure de renvoi de votre chambre Crous, non-paiement de vos salaires pour les emplois étudiants à l’université, etc…
Le syndicat peut mettre la pression sur toute instance arbitraire afin d’éviter ces situations. Pour cela, veuillez nous contacter à: slcaensolidaires@gmail.com

Face à cette épreuve collective, tous le monde doit pouvoir conserver des conditions d’existence décentes, et ne pas céder à quelconque forme d’autoritarisme.

Prenez soin de vous et de vos proches, suivez bien les recommandations du corps médical et les « gestes barrières ».

Et on vous retrouve à la rentrée pour reprendre la lutte !

SL Caen Solidaire Étudiant-e-s

Semaine des Féminismes 2020

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SEMAINE DES FÉMINISMES – SECONDE ANNÉE

Et le voilà ! Il est tout beau et tout propre, concocté exclusivement pour vous : le programme de la Semaine des féminismes – édition 2020!
Cette semaine se déroulera du 2 mars au 6 mars – la journée du 5 étant décalée au 13 mars suite au mouvement de grève « Fac morte » afin de lutter contre la précarité à l’université – sur le campus 1, nous accompagnera sur les diverses luttes féministes jusqu’au 8 mars, journée de lutte internationale des droits des femmes !

Pour rappel, la manifestation féministe de Caen se déroulera le 7 mars à 19h30 depuis la bibliothèque Tocqueville : Manif Nocturne À L’occasion Du 8 Mars

Tous les conférences, expo, projections sur l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/554554438474325/
À vos agendas !

Vive la révolution queer et féministe, pour la destruction du patriarcat !

 

Assemblée Générale – profs, étudiant·e·s et personnel – mercredi 22 janvier 12h

Mercredi 15 janvier, l’assemblée générale étudiante a voté la reconduction de l’AG au mercredi 22 janvier. Demain, à 12h amphi Fresnel, étudiant·e·s, profs et travailleur·euses de l’université sont invité·e·s à participer à l’assemblée générale commune pour organiser la mobilisation contre les réformes gouvernementales d’Emmanuel Macron.

La semaine dernière, l’AG étudiante a voté à la majorité écrasante de revendiquer le retrait de la réforme des retraites. De plus, a été voté l’appel à rejoindre la manifestation du jeudi 16 et du samedi 18 janvier. Jeudi, lors de la manifestation interprofessionnelle, les étudiant·e·s ont pris la tête de la manifestation et ont conduit le cortège vers le campus 1, traversant bruyamment les couloirs et les amphis.

Enfin, en conséquence du vote de l’AG étudiante, les vœux du Président de l’Université n’ont pas eu lieu vendredi 19 janvier. Pierre Denise, ignorant depuis plusieurs mois la demande répétée émise par les étudiant·e·s de banaliser les cours sur les jours de mobilisation, s’est vu coupé la parole par les étudiant·e·s, les profs et le personnel mobilisé·e·s.

Successivement, ces derniers ont interpellé le président quant à son inaction, son silence et sa responsabilité à propos de la réforme des retraites, de la détresse du personnel Unicaen face aux méthodes de management appliquées dans les UFR et de l’application dans un futur proche des préconisations émises par le rapport relatif à la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Plus que jamais, la fac de Caen doit se mobiliser. Contre le pillage des retraites, la non-assistance envers les étudiant·e·s précaires, la mise en concurrence toujours plus poussée des universités, la baisse des financements alloués à la recherche et à l’enseignement, organisons la lutte !

Assemblée générale – étudiant·e·s, profs et personnel unicaen – mercredi 22 janvier – 12h amphi Fresnel

Les vœux du président n’ont pas eu lieu !

Aujourd’hui, les étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s de l’Université de Caen Normandie ont exprimé leurs revendications à Pierre Denise, président de l’université. Ne répondant pas à nos attentes, les étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ont empêché la bonne tenue de ses vœux.

Que cette année de grève générale soit victorieuse !

Le prochain rendez-vous important est mercredi 22 janvier à 12h dans l’amphi Fresnel pour l’assemblée générale de l’université !
Tous les matins, avec le personnel mobilisé-e-s, des interventions en amphi ont lieu, n’hésite pas à nous rejoindre ! 😎

Luttons contre Macron et son monde !

Comité de mobilisation à l’université de Caen

La lutte reprend sur l’Université Caen-Normandie, voici le programme des prochains jours :

Mardi 7 janvier
9h, sous la Galerie vitrée, tractage des grévistes accompagné-e-s par les étudiant-e-s mobilisé-e-s
10h, assemblée générale des prof de l’éducation et du supérieur
13h, sous la Galerie vitrée, nouvelle diffusion de tract
18h, dans le hall du battement G, Comité de mobilisation à l’université de Caen

Mercredi 8 janvier
11h30, sous la Galerie vitrée, tractage des grévistes accompagné-e-s par les étudiant-e-s mobilisé-e-s

Jeudi 9 janvier
10h30, place Saint-Pierre, manifestation inter-sectorielle contre la réforme des retraites
15h, forum des luttes